Le mythe du jardin d’Eden ne dit pas autre chose. Eve fournit-elle à Adam une pomme ou bien une grappe de raisin comme certains commentateurs l’imaginent et en atteste un des chapiteaux de Vézelay ! Dans ce cas, le rôle d’Eve serait associé au fruit de la vigne.
L’Antiquité gréco-latine, elle aussi, met souvent en avant la relation de Bacchus et de Vénus.
Quoiqu’il en soit, la place des femmes dans le monde du vin, longtemps très masculin, a connu depuis le tournant du XXIème siècle un virage décisif.
Dans les vignes et les caves, dans les restaurants, dans les commerces et bien sûr dans les confréries bachiques, les femmes sont là et bien là, mettant leurs compétences au service de l’art de vivre.
Notre Ordre est fier d’avoir joué un rôle pionnier dans cette montée en puissance, tout en favorisant une joyeuse harmonie entre les femmes et les hommes, mus par les mêmes valeurs.
Que n’a-t-on écrit à ce sujet ! Et l’on continuera.
Certaines légendes aiment diffuser l’idée qu’une femme aurait découvert le vin. Pourquoi pas? Une amusante légende perse raconte qu’un roi avait entassé des raisins dans une jarre marquée « poison » et les y aurait oubliés. L’une de ses femmes délaissées et lasse de la vie, absorba le breuvage qu’elle trouva délicieux et qui, au lieu de lui apporter la mort désirée, lui donna force et gaieté. Elle en fit
boire au roi. Celui-ci, charmé, lui accorda à nouveau ses faveurs. Il apprécia tant cette boisson nouvelle, qu’il décréta que dorénavant il fallait faire fermenter le raisin.
Vers 1980 et depuis longtemps déjà, la bonne table, le vin, la gastronomie et la décoration, tout un ensemble dans l’art de recevoir, est le propre de la femme. Elles ont une approche plus raffinée du jus de la treille et de la table, l’art de recevoir, d’assembler d’une façon harmonieuse et judicieuse les plats et les vins, de créer et suggérer une certaine atmosphère.
Un certain mois d’août 1983, en Provence à Gémenos, chez Marie José Marignane au Relais de la Magdeleine, propriété de la famille Marignane, un petit groupe eut l’idée de créer pour la première fois une association du monde du vin féminin élargi aux arts du vin et de la table. Ce groupe était particulièrement animé par Simone Cointat, journaliste oeno-gastronomique, épouse de Michel Cointat ancien Ministre de l’Agriculture et future première présidente fondatrice de notre Ordre.
« Nous étions toutes des amies qui nous nous occupions de vin et de gastronomie et, voir que ces hommes s’appropriaient ces spécialités dans de multiples confréries commençaient à nous contrarier. » L’idée s’est rapidement concrétisée, de fonder une confrérie féminine, pour avoir « voix au chapitre », rassemblant dans un Grand Conseil, des viticultrices, des restauratrices, des œnologues, des gastronomes et tous les arts de la table réunis.
En octobre 1983, une assemblée a lieu à Paris au restaurant Lucas Carton, restaurant propriété de Monique Becquaert, Dame fondatrice de l’Ordre et amie de Simone. A cette occasion le journaliste Michel Piot (qui plus tard sera Chevalier de notre Ordre mais aussi membre de l’Académie du Vin de France) écrivit un article dans le Figaro Magazine illustré par une photographie double page des participantes en tenue de parade sous le titre « Les Dames du vin ».
Ce titre fut adopté avec enthousiasme en dénomination de notre Ordre !
L’Ordre du Vin et de la Table se créé finalement en 1985, avec le dépôt des statuts. Son siège est alors au Musée du Vin, à Paris, sis… rue des eaux !
Il s’attache à mettre en valeur les vins et eaux de vie de France, notamment par leur association à la gastronomie, aux arts de la table, aux produits régionaux français et au tourisme.
C’est donc Simone Cointat, journaliste à la France Agricole, Cuisine et Vins de France, la Revue des Vins de France mais aussi productrice de vin dans l’appellation Côtes-du-Rhône à Laudun, Monique Rougier, propriétaire du Château Simone avec son époux René, Marie-José Marignane du Relais de la Magdeleine et Lucie Peyraud , avec son mari Lucien Peyraud du Domaine Tempier, (qui avaient contribué avec d’autres vignerons à la création de l’Appellation Bandol au niveau qu’on lui connait à ce jour, en s’appuyant sur un cépage exceptionnel, le Mourvèdre), qui présidèrent à la création de notre Ordre, ainsi que Monique Becquaert, propriétaire du restaurant Lucas Carton.
Simone, Monique, Marie-José et Lulu s’entourèrent d’amies vigneronnes et de restauratrices, et organisèrent le premier Chapitre de l’Ordre des Dames du Vin et de la Table, le 28 novembre 1985, au Cercle Militaire des Armées, place Saint-Augustin à Paris.
Le premier grand conseil était né
Le Bureau
Présidente : Simone Cointat
Vice-Présidente : Lucie Peyraud
Grand Chambellan : Anne-Marie Boidron
Trésorière : Monique Rougier
Trésorière Adjointe : Marie-Josée Marignane
Secrétaire : Jocelyne Pévrier
Secrétaire Adjointe : Monique Becquaert
Dame des Rites : Marianne Scherer
Conseillère en Produits : Jacqueline Donatini
Conseillères en Gastronomie : Marie Madeleine Garnier
Denise Mainbourg
Simone Verdier
Conseillères en Œnologie : Hélène Coste
Patricia Gastaud Gallaghert
Maryvonne Puisais
Conseillères au Tourisme : Jacqueline Beaussier Bonomi
Et auprès des ambassades : Martine Dal Sasso
Conseillères aux Arts de la Table : Madeleine Desclaux
Chantale Leroy Baroin
Denise Mouillon
Conseillères en Terroirs
Alsace :Odile Meyer
Armagnac :Martine Lafitte
Banyuls :Jacqueline Nogarède
Barsac :Nicole Tari Heeter
Bas Armagnac :Martine Lafitte
Champagne :Chantal de Billy
Loire :Colette Couly Dutheil
Saint Emilion :Janine Lévrier
Sauternes :Marie-Madeleine Frouin
LE DINER QUI SUIVIT LA PREMIERE INTRONISATION…
illustra exactement ce désir d’harmonie entre mets et vins.
Le Foie gras des Landes fut parfaitement accompagné par le Château Suduiraut 1982 de la Dame conseillère en terroir de l’Ordre, Maddy Frouin. La Gigue de chevreuil Saint-Hubert se trouva en remarquable compagnie avec le Cheval Blanc 1982 de la Dame conseillère en terroir de l’Ordre Janine Lévrier. Et après l’entremet des Anges, le Champagne rosé Pol Roger 1979 de la Dame conseillère en terroir de l’Ordre Chantal de Billy, fit merveille.
Simone ne manquait jamais d’enchanter ces Dames avec les poésies de son mari Michel Cointat, Ministre de l’Agriculture, écrivain et poète.
ENSUITE, EURENT LIEU LES CHAPITRES D’AUTOMNE, LES CHAPITRES DE PRINTEMPS ET LEURS VOYAGES, EN FRANCE OU À L’ÉTRANGER, TOUJOURS PONCTUÉS DE GRANDE GAITÉ, D’INTRONISÉS CHARMANTS, DE REPAS DÉLICIEUX ET DE VINS SOMPTUEUX.